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samedi 20 novembre 2010

Film sur l'affaire des SDF de Nice

"Dépôt de plainte original à Nice : trois SDF s’élèvent contre l’ « atteinte à leur liberté individuelle », cela quelques semaines après la mise en application d’un arrêté municipal prohibant la mendicité dans le centre-ville. En effet, suivant l’initiative prise il y a un an par le maire de La Rochelle, Michel Crépeau, Jacques Peyrat, depuis le 5 juin, interdit « la mendicité assise ou allongée de nature à entraver le passage des piétons ». Cette décision se solde, sur le terrain, par le passage de minibus de la police municipale dans les rues de Nice, chargés de la conduite des sans abri au refuge du Mont-Chauve, à plus de 10 kilomètres de la ville : une opération désormais routinière, qualifiée de « rafle » par Joseph Ciccolini, avocat et président de l’association Le Bien Public. Avec la Ligue des Droits de l’Homme et Démocratie pour Nice, cette association s’est mobilisée pour donner aux SDF les moyens de protester contre l’arrêté estimé illégal et de saisir le tribunal administratif afin de voir suspendre son exécution. Certains marginaux affirment avoir été transférés de force « hors la ville » alors qu’ils ne mendiaient pas. L’un d’eux a choisi de répondre par l’obstination : trois fois de suite, il s’est vu relégué au refuge forcé. Et de glisser, en Diogène des temps modernes : « Ils se fatigueront avant nous » (Laurence Despins, "La rafle des SDF", Le Point, n°1245, 27 juillet 1996).
Extraits
du film :
http://www.myspace.com/video/vid/1785095125

samedi 13 novembre 2010

Mimi, un film de Claire Simon

"Deux. Une femme nous parle, Mimi, je dis « nous » car elle parle à Claire Simon, la tutoyant parfois, et Claire Simon lui répond quelquefois, la tutoyant aussi ; autant Claire Simon qui tient la caméra regarde Mimi qui (lui) parle, autant Mimi, parlant, ne regarde pas Claire Simon : elle regarde ce qu’elle a sous les yeux, des bouts de ville, rues, maisons, viaducs, voies ferrées, un Nice qui est comme l’envers du décor des cartes postales de la promenade des Anglais. Il y a ce que Mimi regarde, et il y a ce que nous, spectateurs, voyons : le corps de Mimi cadré dans un décor niçois, son visage dans le soleil, et, face à elle, des fragments de ce décor prélevés par le geste de la caméra, geste de décadrer Mimi pour aller cadrer un arbre, un pont, une rivière, une porte, la Méditerranée, une façade rouge, un cyprès, un bateau, un mur de pierres… avant de revenir à Mimi — dont le corps et le visage sont ainsi calés entre deux inscriptions du lieu où s’énonce sa parole. Car Mimi parle d’elle-même ; et parfois le lieu d’où elle parle est celui dont elle parle, et d’autres fois non. Calés, décalés, corps et décor. S’ouvre assez vite dans le film la perspective de ce jeu : avec ou sans référent ? Voit-on, ou non, les lieux dont parle Mimi ? Comment les voit-on et surtout, si on le ne les voit pas, comment ? Qu’en est-il de cet art de la fausse rime (ou de la main chaude) entre les trois acteurs de la scène filmée : le lieu, la parole et le corps ?" (Jean-Louis Comolli, "L’âge des aiguilles, Mimi, de Claire Simon", Images Documentaires, n° 65/66, 2009).