vendredi 22 avril 2016
dimanche 15 septembre 2013
mardi 28 décembre 2010
Simone Veil (1988/2009)

Villa Masséna, le 30 octobre 2009. A 82 ans, Simone Veil est faite "Citoyenne d’Honneur" de la Ville de Nice.
Simone Veil dans "Le divan d'Henry Chapier", 18 juin 1988.
Portrait http://www.ina.fr/economie-et-societe/vie-sociale/video/CPD05006480/simone-veil-1ere-partie.fr.html
Avant la déportation
Enfance très heureuse, entourée d'amour que ma mère me donnait, on me disait gâtée, chouchou des professeurs, frondeuse mais pas violente, contestataire surtout avec mon père que je trouvais autoritariste, parents tous les deux parisiens, née à Nice parce que mon père architecte était descendu pour raisons professionnelles dans le Midi.
La crise de 1929 a marqué mes souvenirs d'enfance, nous avons déménagé et mes parents ont changé de mode de vie, l'appartement donnait sur le jardin d'un horticulteur et je n'avais pas le même sentiment que mes parents sur le changement, ils avaient de sérieux principes, on ne parlait pas politique devant les enfants mais en 1936 ma mère était plus ouverte et sympathisante envers le Front populaire que mon père.
Très grande éducation morale dans la forme et sur le fond, vis à vis des autres, sur le mensonge... Pas d'éducation religieuse bien que j'y ai été initiée par le scoutisme, les éclaireurs, les sections dites neutres c’est-à-dire non religieuses, maman était très investie dedans.
J'ai eu peur dès 1937-1938, j'avais de la famille impressionnée par la guerre d'Espagne, guerre imminente, Munich m'a beaucoup marqué, la lâcheté des gouvernements m'a donné très peur, l'antisémitisme n'avait pas attendu les événements de la guerre, au jardin d'enfant de Nice déjà (…), en classe aussi plus tard en 1934 puis en 1937-38 les réfugiés venant d'Autriche et d'Allemagne, j'ai d'ailleurs connu la petite fille de Freud réfugiée à Nice.
Partir ? L'Italie pays fasciste, on ne pouvait pas y partir, on avait une immense confiance dans la situation française, même ensuite pendant la guerre on n'imaginait pas qu'il puisse y avoir un danger quelconque, le tampon juif sur la carte d'identité n'alarmait pas outre mesure mon père en 1941, on était loin de penser à la déportation on pensait que ça s'arrêterait là, surtout mon père ancien combattant.
dimanche 1 août 2010
Elysée Palace Hôtel (1988)
1.1. et 2. Extraits du reportage Sosno, sculptures hors du temps (GNP Production - 80/90 ?) ; 1. : Construction de l'Elysée Palace Hôtel.
Dans la ville de Sosno.
L'artiste doit être sur le trottoir !
Se donner à voir aux jeunes et aux vieux, aux riches et aux démunis, aux érudits et aux non éduqués. Ainsi le sculpteur rentre dans le tissu urbain, modifie votre paysage quotidien, vous interpelle.
On peut déceler trois types de rapports entre la sculpture et l'architecture :
La relation du premier type est décorative, c'est la fresque en moulure, la fontaine dans le jardin, le bas-relief dans le hall, les caryatides, le blason sur le fronton, ou certaines enseignes.
La relation du deuxième type est plus avancée, elle concerne l'intégralité d'une façade d'un immeuble, c'est ce que nous avons réalisé (avec l'achitecte Georges Marguerita) à l'Elysée Palace Hôtel à Nice ; sculpture en bronze de 19 mètres de haut entre deux parallèpipèdes de granit. Le bâtiment et l'intervention plastique sont liés ; si on les séparait, leur signifiant disparaîtrait. C'est une intégration.
La relation de troisième type était plus "mytique", "utopique"... Jusqu'à il y a quelques mois, il s'agissait que l'intégralité de l'immeuble devienne sculpture. Et là, intervient l'"illumination" d'Yves Bayard qui, rêvant devant une scultpure en plâtre, la visualise comme étant une maquette monochrome de concours d'architecture. Ainsi est né le concept de "scultpure habitée" qui fut développé avec l'architecte Henri Vidal.
On se met à rêver à des "ZUL", Zone d'Urbanisme Libérée où les architectes et les artistes pourraient exprimer une créativité digne de ce troisième millénaire. Arrêtons le faux "Provençal" et le style Le Corbusier dénaturé. Les projets de présentation où les couleurs sont proscrites. Retrouvons des architectes façadiers dont l'espèce a disparu dans les années 40.


